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Partage des profits par beau temps…☀️ Et partage des pertes en cas de tempête ?🌪

Notre métier chez PROMINIS consiste à favoriser et à organiser le partage du profit avec ceux qui l’ont rendu possible : dirigeants, salariés et actionnaires. Quand il n’y a plus de profit, que deviennent ces mécanismes ? Comment réagissent les décideurs ?

La crise actuelle révèle l’état d’esprit des parties prenantes.

1. Partage du profit : de quoi parle-t-on ? 📈

Avant de partager le profit, le travail accompli est rémunéré selon la situation de chacun :

  • Le salarié perçoit un salaire fixe défini par son contrat de travail, ainsi qu’une couverture sociale financée par l’entreprise. Sa situation est la plus stable et la plus sécurisée.
  • Le dirigeant est nommé par les actionnaires qui fixent sa rémunération et le révoquent ad nutum.
  • Les actionnaires perçoivent un dividende qui rémunère le risque pris sur le capital investi. Le dividende est une part du bénéfice réalisé par l’entreprise. L’actionnaire est le propriétaire d’une partie de l’entreprise.
  • L’Etat perçoit diverses taxes, dont l’impôt sur les bénéfices, et en contrepartie organise notre vie en collectivité, finance les infrastructures, etc.

Chacun de ces acteurs de la vie de l’entreprise (excepté l’Etat) peut percevoir une rémunération complémentaire variable dans un contexte prospère : prime, dividende exceptionnel, etc.

Les spécialistes du conseil en rémunération peuvent aussi mettre en place des mécanismes de rémunération collective des salariés :

  • Les accords d’intéressement et de participation distribuent aux collaborateurs une part de la surperformance financière de l’entreprise qui, sans cela, serait revenue aux actionnaires.
  • L’employeur peut proposer des plans d’épargne salariale et de retraite. Ces plans sont personnels à chaque bénéficiaire et renforcent son patrimoine propre.

Ces dispositifs permettent ainsi de mieux intégrer les salariés dans l’entreprise, d’augmenter leur motivation et de mieux sécuriser leur avenir.

Ce sont là des mécanismes de répartition de la richesse créée par l’entreprise. Mais dans le cas contraire, quelle est la situation de chacun ?


2. Partage-t-on aussi les pertes ? 📉

La situation actuelle liée à la crise sanitaire permet de mesurer les spécificités de chaque acteur mais aussi leur solidarité.

Le salarié perçoit son salaire et est toujours protégé par son contrat de travail. En cas d’activité partielle, l’Etat finance en partie son salaire mais il subit tout de même une perte nette à moins que son employeur ne couvre ce manque à gagner.

Par ailleurs, sa prime individuelle ou collective (accord d‘intéressement, etc.) est fortement menacée pour 2020.

Enfin, un licenciement est toujours possible dans un cadre relativement protecteur (indemnité de licenciement, allocation chômage).

La situation du dirigeant est moins contrariée par ces aspects juridiques. Le sens des responsabilités de chacun peut davantage se révéler dans ce genre de situation.

Il apparaît naturel et responsable que le dirigeant d’entreprise voie ses rémunérations variable et fixe évoluer dans des proportions comparables à celles de ses salariés. De nombreux dirigeants ont donc renoncé à leur prime ou ont baissé temporairement leur rémunération fixe de 20%, voire même de 50% dans certains cas (!), tel le patron de Disney[1].

Pourtant, en cas de difficulté, ces dirigeants peuvent être remerciés sans pouvoir prétendre au cadre juridique du licenciement ni à celui des allocations chômage.

La situation de l’actionnaire suscite les passions de l’opinion publique. Il faut d’ores et déjà constater qu’il est celui qui a le plus souffert de la crise : la valeur de son capital investi dans la société a baissé fortement, parfois de moitié voire plus. Et ses dividendes ont parfois été rabotés ou tout simplement supprimés pour l’année en cours.

Si l’entreprise doit être refinancée ou faire de la place à un nouvel actionnaire (l’Etat par exemple), sa part dans l’entreprise baissera d’autant. Si l’entreprise ne fait plus de bénéfice, il n’y aura plus de dividende non plus.

La question sensible est celle du dividende de l’année précédente, en l’occurrence 2019, qui doit être versé en 2020. L’actionnaire a le souci de la pérennité de l’entreprise, sinon il est ruiné. Si la distribution du dividende assèche la trésorerie de l’entreprise, il y renoncera de lui-même. Il faut bien comprendre que la distribution d’un dividende fait aussi mécaniquement baisser la valeur du titre du montant d’un dividende.

Le contribuable ne peut qu’être légitimement inquiet de voir que le plan d’aide aux entreprises financé par l’Etat soit utilisé pour maintenir les dividendes. Pour autant, l’idée, largement défendue par les ministres, media et autres lobbys, d’une suspension généralisée des dividendes au mépris de la réalité de chaque entreprise, et surtout de la responsabilité de chaque acteur, est-elle véritablement juste ? Car en pratique, un actionnaire qui perçoit un dividende reçoit une partie de son propre patrimoine.


3. Conclusion 📘

Chat échaudé craint l’eau froide. Nous avons tous le souvenir de la crise de 2008 au cours de laquelle les profits paraissaient avoir été privatisés alors que les pertes étaient nationalisées. Il semble que ce ne soit pas le cas ici : chaque acteur de l’entreprise assume une part de cette crise. Cette injonction de suspendre les dividendes ne peut cacher son fond démagogique ou pire, sa part de préjugés.

Il nous semble préférable d’encourager le sens des responsabilités de chaque acteur, quitte à ce que la collectivité intervienne a posteriori pour corriger les abus.


[1] http://www.leparisien.fr/economie/coronavirus-de-grands-patrons-renoncent-a-une-partie-de-leur-salaire-09-04-2020-8297235.php

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